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Le crowdfunding, une opportunité pour le financement de la Culture

Expertise

© Musée Carnavalet
Si le crowdfunding avait été quelque peu oublié ces dernières années, la crise sanitaire a remis en lumière son utilité, puisque de nombreuses plateformes ont permis de récolter des sommes importantes pour aider les structures « en première ligne », qu’elles soient publiques ou privées. Mais au-delà de la réponse à l’urgence sanitaire, le crowdfunding représente une véritable opportunité de diversification des ressources, notamment pour le secteur culturel qui risque de rencontrer dans les prochains mois de nombreuses difficultés à trouver des financements. Il devient dès lors nécessaire pour les collectivités de s’approprier ce mode de levée de fonds.

 

Qu’il participe à la visibilité d’un projet, permette un abondement ou finance une partie de la réalisation, le crowdfunding est une vraie chance de diversification des ressources. Il permet aussi de créer un véritable lien avec le public qui s’implique d’autant plus en finançant des projets.

 

Le crowdfunding comme levier pour les collectivités

Les collectivités locales ont de plus en plus recours au financement participatif pour la restauration du petit patrimoine.

C’est le cas notamment en Ardèche où un vaste programme de soutien a été lancé il y a 3 ans. Ce programme, monté en collaboration avec le Département, a pour objectif de préserver le patrimoine ardéchois sur plusieurs axes

  • La création d’un site internet pour recenser l’ensemble des projets ayant besoin d’un financement sur le territoire. Ce site, en partenariat avec Financement Participatif France et BPI France, offre une belle vitrine aux projets ardéchois et participe au développement et à l’attractivité du territoire.
  • La création d’un fonds pour le patrimoine : le FIPA (Fonds Innovant en faveur du Patrimoine Ardéchois). Financé par une partie de la redevance versée par la Caverne du Pont d’Arc au Département, ce Fonds permet de soutenir financièrement des projets patrimoniaux qui mettent en place une collecte. C’est un coup de pouce à tous les projets qui ont déjà une démarche de diversification des ressources.
  • Des ateliers de crowdfunding gratuits, pour aider à la création de campagne en soutien des projets.

Les projets sont donc mis en valeur afin d’obtenir une visibilité importante et un soutien massif des riverains et amoureux de la région.

Le crowdfunding, un petit plus pour le projet

Le Musée Carnavalet s’est aussi lancé dans une opération de crowdfunding afin d’obtenir des financements pour restaurer 20 enseignes de commerces du Vieux Paris. Entre septembre et novembre 2019, la campagne a permis de collecter des fonds en vue de la réouverture du musée début 2020.

Le Musée Carnavalet fait partie des 14 musées de la Ville de Paris et est géré par l’établissement public Paris Musées. C’est donc un établissement public, qui souhaite, comme beaucoup d’autres structures, diversifier ses ressources.

L’objectif fixé par la campagne était de 40 000 € ; début décembre, le site annonce que le projet a été réalisé, même si la cagnotte n’a pas dépassé les 80% d’objectifs. Cette campagne avait principalement pour but d’apporter un « coup de pouce » sur ce projet de restauration, tout en impliquant les citoyens, connaisseurs ou sympathisants. D’ailleurs, les contreparties allouées proposaient une visibilité sur le site, des cartes postales et des places pour le musée, des soirées privées et un accès à l’inauguration du musée lors de sa réouverture.

Au-delà de l’aspect financier qu’a apporté cette campagne de crowdfunding, c’est un véritable lien avec les différentes parties prenantes au musée qui a été mis en place.

Dans le cadre de na rénovation globale du musée, ce projet n’aurait peut-être pas vu le jour sans le soutien et les dons des privés.

Le crowdfunding au cœur du projet

En septembre 2019, le Jardin des Plantes lançait un appel au don pour sa Statuaire (1). Le principe est très simple : « adopter » un lion ou une nymphe du Jardin pour financer la restauration des statuts en péril. Et par adopter, il faut comprendre financer la restauration !

Le projet, mené en collaboration avec la Fondation du Patrimoine, avait pour but de restaurer de 24 à 30 statuts identifiées dans le Jardin.

L’objectif de cette campagne, qui va durer jusqu’en 2021 est d’obtenir 213 900 €, en faisant appel aux particuliers et aux entreprises. Chaque statut sera renommée du nom de son plus important donateur (dès 10 000 €), et les autres contributeurs pourront aussi profiter d’invitations, de pass annuels et de visites guidées du Jardin.

C’est un lourd projet en termes de ressources et de temps, qui nécessite l’implication de tous.

Un financement institutionnel est prévu pour compléter les sommes obtenues et mener le projet à son terme

Le crowdfunding comme aide à la création

En 2015, l’Opéra de Rennes lançait un nouveau concept inédit : adapter la mise en scène d’un opéra pour le retransmettre sur des écrans numériques. Ce projet avait pour but de diffuser largement la culture de l’opéra et de la rendre accessible à tous. Ce projet avait fait appel au crowdfunding, afin d’obtenir les fonds suffisants à sa réalisation.

Comme tout projet mis en place dans le cadre d’un établissement public, des financements institutionnels étaient déjà alloués au projet. Les financements privés sont une ressource complémentaire qui permettent d’impliquer plus de parties prenantes dans le cadre d’un projet.

Pour le projet de l’Opéra de Rennes, les financements participatifs obtenues ont servi à l’achat de matériel numérique pour la diffusion de l’œuvre.

 

Tifenn André

 

(1) https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/la-statuaire-du-jardin-des-plantes

 

 

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