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La philanthropie des GAFA, entre engagement individuel des fondateurs et mécénat d’entreprise

Expertise

Alors que le gouvernement français vient d’adopter la taxe GAFA qui prévoit de prélever 3 % du chiffre d’affaires à ces entreprises devenues de véritables structures de capitalisation boursière mondiale, il est intéressant de se pencher sur le potentiel philanthropique de ces entreprises stars de la Silicon Valley, dont le poids dans l’économie mondiale est indéniable.

 

Les GAFA (Acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazon, auquel est parfois adjoint Microsoft, les GAFA(M)) capitalisent pour chacune d’elles 1 000 milliards de dollars et elles ont parfois à peine la majorité. Facebook par exemple a été créé en 2004 et Google en 1998, mais comme d’autres grandes entreprises avant elles, leurs dirigeants s’engagent dans un tout autre domaine ; celui du mécénat. Mais comment ces patrons, véritables références iconiques de l’entrepreneur à succès, investissent le champ de la Philanthropie ?

 

En 2015 Mark Zuckerberg, lui, s’est engagé dans l’éducation au sens large, la recherche scientifique, la santé et l’énergie propre avec l'Initiative Chan Zuckerberg ou CZI (Chan Zuckerberg Initiative), une entreprise philanthropique américaine (Limited liability Compagny) afin de faire « avancer le potentiel humain et promouvoir l'égalité dans des domaines comme la santé, l'éducation, la recherche scientifique et l'énergie ». 

Depuis sa création la CZI a octroyé environ 1,6 milliard de dollars en subventions et réalisé des investissements de capital d’environ 110 millions de dollars pour des projets que l’entreprise considère comme étant susceptibles d’accélérer le changement social.

Il est toutefois intéressant de noter que peu de temps après l’annonce de cette initiative de prime abord, sociale, les premières critiques ont vu le jour. En effet le format juridique de cette entreprise permet de générer des profits, faire du lobbying.

L’éducation des enfants en territoires défavorisés est aussi le premier engagement philanthropique de Google à travers google.org. Depuis 2005 google.org donne à différents organismes caritatifs des subventions, des outils et des heures de bénévolats. Le géant de l’Internet verse chaque année 100 millions de dollars de subventions pour soutenir l’éducation mais aussi le développement économique, la lutte contre l’exclusion, le développement d’innovations et de technologies révolutionnaires. Ce à quoi il ajoute un soutien direct à travers ses bénévoles et aux moyens de programmes « maison » comme Google Grants ou encore Google Apps for Education qui proposent des produits et des services gratuits aux organismes éligibles.
Non loin de ces engagements en faveur du bien commun, il y a aussi l’Institut Google Art & Culture, créé en 2011 et basé à Paris. Il réunit une équipe dédiée d’ingénieurs et a pour mission de créer des outils qui favorisent la diffusion des divers héritages culturels et les rendent accessibles dans le monde entier. L’institut culturel de Google développe des technologies pour aider ses partenaires à publier leurs collections en ligne et à toucher un nouveau public.

Du côté d’Amazon, c’est son patron Jeff Bezos, qui avait il y a maintenant 2 ans lancé un appel aux idées sur la façon dont il pourrait utiliser sa fortune. Depuis il a lancé un fonds de dotation avec son ex-femme, le « Bezos Day One Fund ». L’argent récolté est versé aux organisations « qui font un travail humanitaire minutieux pour nourrir et fonder un toit (...) aux jeunes familles » sans abri a expliqué le patron et fondateur d’Amazon. 

Jeff Bezos avait annoncé, en même temps que la création du fonds, un don à hauteur de 2 milliards de dollars. Il est pour l’instant impossible de savoir s’il a rempli sa promesse un an après l’annonce. 

Quant au créateur d’Apple Steeve Job, il ne s’est pas particulièrement engagé pour une cause, contrairement à son successeur, Tim Cook, qui lui se positionne pour des fonds de lutte contre le Sida ou pour venir en aide aux migrants.

 

C’est cette notion de « give back » relativement implantée dans la culture philanthropique américaine, qui se retrouve à travers les promesses de dons de grandes fortunes. Ces riches entrepreneurs n'hésitent pas à donner ou léguer des sommes très importantes à des musées ou à l'université qui les a accueillis pour leurs études, laquelle installera certainement une plaque en leur honneur. Bill Gates versera ainsi 99,99% de sa fortune aux œuvres caritatives (ses enfants n'hériteront "que" de 10 millions de dollars chacun). Le fondateur de MicroSoft s’est aussi associé en 2010 avec Warren Buffet pour créer The Giving Pledge, invitant les milliardaires à y consacrer la moitié de leur argent. Ils ont été rejoints par 400 fortunés dans le monde. Parmi eux, le cofondateur d’Intel, Gordon Moore, ou encore le fondateur français d’eBay, Pierre Omidyar. 

 

Amandine Legrand,

Chargée de projets, L'art en plus

 

 

 

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