PORTRAIT D'ADHERENT - Maison Landemaine

Depuis septembre dernier, nous publions chaque mois le portrait d’un des adhérents de la communauté Admical, l’association pour le développement du mécénat d’entreprise. Notre objectif : donner la parole aux femmes et hommes du terrain, et mettre en lumière la diversité des pratiques de mécénat et des modèles d’engagement portés par les entreprises et organisations membres de son réseau.
Grands groupes, ETI, PME, fondations, associations, ONG, collectivités territoriales et structures publiques : toutes et tous partagent une conviction commune, celle que l’entreprise peut et doit jouer un rôle actif au service de l’intérêt général, tout en inventant des formes d’engagement adaptées à leur histoire, leur culture et leurs moyens.
Aujourd’hui, coup de projecteur sur le groupe Landemaine. Enrichissons-nous d’une démarche singulière, portée par un entrepreneur engagé, où le mécénat s’inscrit dans une réflexion globale sur la mission de l’entreprise, sa contribution au vivant et sa capacité à expérimenter de nouveaux modèles. Un témoignage éclairant sur la façon dont une entreprise de la food peut devenir un véritable levier de transformation écologique et sociétale.
Fondateur du groupe Landemaine, Rodolphe Landemaine n’a jamais envisagé l’entreprise comme un simple outil de création de valeur économique. Depuis une dizaine d’années, son groupe - qui rassemble plusieurs marques emblématiques de la food, de la boulangerie artisanale à l’alimentation végétale et à l’économie circulaire - inscrit progressivement l’engagement sociétal au cœur de sa stratégie. Une trajectoire assumée, structurée aujourd’hui autour d’un fonds de dotation : Demain sur Terre.
Un groupe alimentaire engagé dans la transition
Maison Landemaine, Land & Monkeys, Base Boulangerie, Yumgo ou encore Demain Boulangerie : derrière la diversité des marques du groupe, un fil conducteur clair se dessine. Nourrir autrement, en accompagnant la transition vers une alimentation plus végétale, plus responsable et plus sobre en ressources.
Certaines marques portent une rupture franche avec les codes traditionnels, à l’image de Land & Monkeys, qui bouscule les standards de la gastronomie française en proposant une boulangerie 100 % végétale. D’autres explorent de nouveaux modèles économiques, comme Demain Boulangerie, qui lutte contre le gaspillage alimentaire via la revente de produits de la veille à prix réduit. Pour Rodolphe Landemaine, l’entreprise est un espace d’expérimentation, capable de tester des modèles alternatifs tout en restant économiquement solide.
Du don ponctuel à une démarche philanthropique structurée
L’engagement du groupe ne s’est pas construit en un jour. Il commence par des dons à des associations, il y a une dizaine d’années, avant de s’approfondir à mesure que grandissent les questions de sens. « À un moment, on se demande ce que l’on fait de la valeur créée. J’ai toujours voulu donner une autre aspérité à l’entreprise, qu’elle ressemble à autre chose qu’un projet purement économique », explique le fondateur.
Cette réflexion se nourrit aussi d’un intérêt personnel pour la préservation de la biodiversité et, plus largement, pour la place du vivant dans nos sociétés. Dans un contexte où les sujets d’engagement sont souvent relégués au second plan lorsque les entreprises se structurent et se dotent de conseils d’administration, Rodolphe Landemaine fait le choix inverse : avancer, tester, assumer.
Le choix de reverser 1 % du chiffre d’affaires
Avec la marque Land & Monkeys, le groupe franchit une première étape structurante en reversant 1 % du chiffre d’affaires à des associations. L’ambition est désormais claire : étendre progressivement ce mécanisme à l’ensemble des marques du groupe Landemaine, dont Maison Landemaine, plus ancienne, qui s’inspire aujourd’hui de ces bonnes pratiques.
Ce choix n’est pas sans questionnements. Comment en parler sans tomber dans l’écueil du greenwashing ? Comment faire redescendre le message dans les équipes, notamment en magasin, lorsque le siège ne compte qu’une vingtaine de personnes ? En interne, l’impact est néanmoins réel, notamment sur les fonctions support et la marque employeur. « Rejoindre une entreprise qui porte du sens suscite de la fierté », résume Rodolphe Landemaine, même s’il se montre lucide et exigeant sur la nécessité de mieux partager et incarner cet engagement au quotidien.
La création du fonds de dotation « Demain sur Terre »
Pour aller plus loin et gagner en impact, le groupe crée en 2022 le fonds de dotation Demain sur Terre. Un outil structurant, pensé comme un véritable levier d’action. « Le fonds permet non seulement de soutenir des projets, mais aussi d’être opérateur, voire actionnaire, afin de pérenniser des initiatives de long terme en faveur du vivant », explique Eva Bouillard, responsable du fonds.
Le positionnement est clair : agir pour la régénération des écosystèmes, expérimenter, soutenir et transmettre. Parmi les projets emblématiques, un site pilote en Normandie dédié à la préservation du vivant, l’accompagnement de propriétaires privés de forêts, ou encore des réflexions juridiques sur la protection des espaces naturels. À très long terme, l’ambition est assumée : contribuer à la création d’une vaste zone de « rewilding ».
Soutenir, expérimenter, faire émerger
Le fonds s’inscrit dans une logique hybride. S’il soutient des associations reconnues – The Shift Project, la Fondation Jane Goodall, ASPAS, Convergence Animaux Politique (CAP), Refuge Groin groin, Coordination Libre Evolution, Nos viventia, Wild Legal ou encore des projets portés par l’UNESCO – il revendique aussi une volonté d’émergence. Être opérateur permet de faire naître des projets encore inexistants et de se servir de l’entreprise comme d’un levier pour mener des actions ambitieuses et collectives, parfois en dehors des cadres habituels.
Jusqu’à présent, les soutiens reposaient largement sur le coup de cœur et la confiance. À partir de 2027, le fonds prévoit de réouvrir les soutiens en structurant davantage son action via des appels à projets, avec une logique de dons non fléchés, globaux et pluriannuels, centrés sur la protection du vivant.
Le mécénat comme transformation de l’entreprise
Pour Rodolphe Landemaine, le mécénat ne se résume pas à un simple transfert financier. C’est un outil de transformation profonde de l’entreprise. Il oblige à questionner sa mission, à accepter une forme de dépossession, à sortir d’une logique de simple accumulation. « Donner, ça s’apprend. Ce n’est pas un geste anodin », souligne-t-il.
Dans un contexte de raréfaction des financements publics et de polarisation croissante des entreprises face à l’engagement, il défend une vision exigeante mais pragmatique. Loin des postures idéologiques, l’engagement génère des retours multiples : qualité des talents attirés, richesse de l’écosystème, émulation collective, capacité à innover autrement. Des bénéfices difficilement quantifiables, mais bien réels.
Le mécénat comme transformation de l’entreprise
Pour Rodolphe Landemaine, le mécénat ne se résume pas à un simple transfert financier. C’est un outil de transformation profonde de l’entreprise. Il oblige à questionner sa mission, à accepter une forme de dépossession, à sortir d’une logique de simple accumulation. « Donner, ça s’apprend. Ce n’est pas un geste anodin », souligne-t-il.
Dans un contexte de raréfaction des financements publics et de polarisation croissante des entreprises face à l’engagement, il défend une vision exigeante mais pragmatique. Loin des postures idéologiques, l’engagement génère des retours multiples : qualité des talents attirés, richesse de l’écosystème, émulation collective, capacité à innover autrement. Des bénéfices difficilement quantifiables, mais bien réels.
Merci à Rodolphe Landemaine et Eva Bouillard pour ce partage inspirant, qui donne envie d’expérimenter et de sortir des sentiers battus !
Vous aussi, vous portez une vision d’entreprise engagée qui vous est propre ?
Rejoignez la communauté d’Admical : https://admical.org/contenu/pourquoi-adherer-admical

