|    31 Mars 2026

Portrait d’adhérent Admical - GPA Léone & Edward Renaud

Quand l’économie circulaire devient moteur d’engagement territorial

Le mécénat, c’est un truc de grandes entreprises parisiennes. Faux ! Derrière chaque initiative, il y a des profils et des trajectoires singulières, des convictions et des manières d’agir différentes pour contribuer à l’intérêt général. Grands groupes, PME, ETI, fondations ou associations : toutes participent à un même mouvement qui consiste à repenser la place de l’entreprise dans la société.

 

Ce mois-ci, nous avons choisi de donner la parole à une entreprise de taille intermédiaire engagée sur ses territoires : le groupe GPA, premier recycleur de mobilités labellisé entreprise à mission. À travers son fonds de dotation Léone & Edward Renaud - Pour des territoires vivants, l’entreprise familiale poursuit une ambition claire : prolonger son activité industrielle par un engagement philanthropique au service de la solidarité, de l’environnement et du lien social.

 

Un fonds de dotation dans la continuité d’une histoire familiale

Créé à la fin de l’année 2024, le fonds de dotation Léone & Edward Renaud s’inscrit dans l’histoire d’une entreprise familiale dont la troisième génération est aujourd’hui aux commandes. Le fonds rend hommage aux grands-parents fondateurs du groupe, dont l’esprit entrepreneurial et l’attention portée aux ressources ont façonné l’identité de GPA.

À l’origine, l’activité du groupe repose sur une intuition simple : rien ne se perd. Le grand-père récupérait d’abord les huiles usagées, puis les pneus, avant de développer progressivement la collecte et la valorisation de véhicules hors d’usage. Cette logique de réemploi est devenue aujourd’hui un véritable modèle industriel.

Implanté notamment dans la Drôme, le Maine-et-Loire et l’Oise, le groupe a progressivement structuré son activité autour de la récupération de véhicules accidentés ou en fin de vie, dont les pièces sont remises sur le marché. Une activité locale par nature, non délocalisable, qui participe à la création d’emplois tout en réduisant l’empreinte environnementale liée à la production de nouvelles pièces.

 

En 2023, GPA franchit une nouvelle étape en devenant entreprise à mission, avec une raison d’être claire : « recycler les mobilités en un futur désirable et solidaire ». La création du fonds de dotation apparaît alors comme une évidence : donner une forme structurée à un engagement philanthropique qui existait déjà de manière informelle au sein de l’entreprise.

« Nous avons toujours soutenu des initiatives locales, mais sans véritable cadre. Le fonds permet de donner de la cohérence et de la visibilité à cette volonté d’agir », explique Natacha Imbert, qui a repris la gestion du fonds en 2025, après plusieurs années passées au sein du groupe, notamment en tant que directrice des ressources humaines. 

Un mécénat territorial au plus près des réalités sociales

Le fonds de dotation intervient prioritairement dans les territoires où le groupe GPA est implanté : la Drôme, le Maine-et-Loire et l’Oise. Ce choix n’est pas anodin. Pour l’entreprise, l’engagement doit d’abord s’ancrer là où vivent les collaborateurs et où l’activité économique se déploie.

Cette approche territoriale permet d’identifier des besoins très concrets, souvent liés à une problématique centrale : la mobilité. Dans de nombreux territoires ruraux ou périurbains, l’absence de solution de transport constitue un frein majeur à l’emploi, à l’accès à la culture ou à la vie sociale.

 

Dans la Drôme, le fonds a ainsi développé un partenariat avec le réseau des garages solidaires, afin de faciliter l’accès à la réparation automobile pour des publics en grande difficulté. Le dispositif s’accompagne désormais d’un fonds d’urgence destiné à aider des femmes en situation de précarité à réparer leur véhicule ou à accéder à une solution de mobilité temporaire.

 

Le fonds a également mandaté l’association Dromolib pour réaliser un diagnostic territorial sur les freins à la mobilité des personnes éloignées de l’emploi. L’objectif est de rassembler les acteurs locaux – associations, collectivités, structures d’insertion – afin d’identifier les solutions existantes et les manques éventuels. Le fonds entend jouer un rôle de catalyseur, capable de faire émerger des réponses collectives. « La question de la mobilité est au croisement de nombreuses formes d’exclusion sociale », souligne Natacha Imbert. « Lorsqu’on ne peut pas se déplacer, on perd parfois l’accès à l’emploi, à la culture, aux relations sociales. »

 

Trois axes pour structurer l’engagement

 

Afin de guider ses actions, le fonds de dotation s’appuie sur trois grands axes d’intervention : l’humain et la solidarité, l’environnement et la cause animale, et enfin la culture.

Le premier axe concerne principalement les initiatives favorisant l’insertion sociale et professionnelle, la lutte contre la précarité ou le renforcement du lien social. L’objectif est de soutenir des projets qui agissent directement sur les conditions de vie des personnes. Le second axe, consacré à l’environnement et à la cause animale, fait écho à l’activité de GPA et à sa culture d’entreprise. La protection du vivant et l’attention portée aux ressources naturelles sont profondément ancrées dans l’histoire familiale. Enfin, la culture constitue un troisième pilier, car elle est perçue comme un levier puissant de cohésion sociale et d’ouverture.

 

Dans le Maine-et-Loire, le fonds soutient par exemple le programme Démos, porté par la Philharmonie de Paris, qui permet à des enfants issus de quartiers prioritaires d’apprendre la musique et de se produire en orchestre. Au-delà de la pratique artistique, ce programme agit sur la confiance en soi, la réussite scolaire et l’implication des familles. 

Dans l’Oise, le fonds accompagne un projet de jardin intergénérationnel baptisé « Graine de Pays », qui réunit enfants et personnes âgées autour d’activités de jardinage et de transmission des savoirs.

Dans la Drôme, plusieurs actions illustrent également cette volonté d’agir contre l’isolement social : soutien aux Restos du Cœur pour permettre à des seniors de partir en vacances pour la première fois, ou encore participation à la création d’un tiers-lieu culturel au sein d’une maison de retraite, conçu comme une véritable « place de village » favorisant les rencontres intergénérationnelles.

 

Un modèle de financement directement lié à l’activité

 

Le fonds de dotation est principalement financé par le groupe GPA, selon un mécanisme original : pour chaque véhicule confié par une compagnie d’assurance, cinq euros sont reversés au fonds.

Ce système permet d’inscrire le mécénat au cœur même de l’activité économique de l’entreprise. Plus l’entreprise se développe, plus les ressources du fonds augmentent.

Le budget de lancement pour 2024-2025 s’élève à 75 000 euros. Pour 2026, l’objectif est d’atteindre environ 230 000 euros, grâce à l’augmentation de l’activité mais aussi à l’implication progressive de partenaires et de fournisseurs.

 

Certaines collaborations donnent déjà lieu à des contributions concrètes. Un fournisseur a ainsi participé au financement du fonds, tandis qu’un autre a fourni des panneaux solaires à une association locale de protection animale, à la suite d’une mise en relation facilitée par GPA.

Au-delà de l’aspect financier, l’entreprise cherche ainsi à créer une dynamique collective autour de son engagement.

 

Un engagement qui se construit avec les collaborateurs

 

L’implication des salariés constitue l’un des axes de développement du fonds pour les années à venir. Pour l’instant, le mécénat financier reste prédominant, mais plusieurs formes d’engagement commencent à émerger : dons en nature, participation ponctuelle à des projets associatifs ou encore mécénat de compétences.

La mise en place d’une politique structurée de mécénat de compétences est en cours de réflexion. L’objectif est d’avancer progressivement, en tenant compte des contraintes opérationnelles de l’entreprise et des attentes des managers.

 

Dans un premier temps, une enveloppe expérimentale de dix jours de mission sera mise en place, avant d’envisager un déploiement plus large à moyen terme. Pour Natacha Imbert, le fonds ne pourra réellement trouver son sens que s’il devient un projet collectif. « Si l’engagement reste uniquement porté par la direction, il perd de sa force. L’enjeu est de créer un mouvement qui embarque progressivement les collaborateurs. » 

 

Un apprentissage en construction

 

Comme beaucoup de fonds de dotation récents, celui de GPA avance par étapes. La mesure d’impact repose aujourd’hui sur des indicateurs simples : nombre de bénéficiaires, activités menées, effets observés sur les territoires.

Mais l’essentiel se joue souvent ailleurs, dans la qualité des relations avec les partenaires associatifs et dans la capacité à soutenir des projets dans la durée. Le fonds fait notamment le choix de financer, lorsque c’est nécessaire, les frais de fonctionnement des associations. Un parti pris encore peu répandu, mais qui répond à une conviction forte : la solidité des structures associatives est une condition indispensable à leur impact. « Le développement de projets est souvent financé, mais le fonctionnement l’est beaucoup moins. Or il faut aussi soutenir les structures dans leur quotidien », rappelle Natacha Imbert.

 

Pourquoi rejoindre Admical ?

 

En rejoignant Admical, le fonds de dotation GPA Léone & Edward Renaud cherchait avant tout à s’inscrire dans un écosystème et à rompre une certaine forme d’isolement.

Natacha Imbert découvre en effet un univers nouveau. Si son parcours en ressources humaines lui permet d’aborder le mécénat avec une sensibilité particulière aux questions d’engagement et de sens au travail, la gestion d’un fonds de dotation reste un apprentissage.

Le réseau Admical apparaît alors comme un espace de partage d’expériences, de veille et de mise en relation. Un moyen aussi de gagner du temps dans la recherche d’informations et de s’inspirer des pratiques d’autres entreprises engagées.

 

Une conviction : l’entreprise fait partie de son territoire

 

Pour Natacha Imbert, le mécénat n’est pas un luxe réservé à quelques entreprises. C’est une responsabilité, dès lors que l’entreprise en a les moyens. « Une entreprise n’est jamais hors sol. Elle vit sur un territoire, emploie des personnes qui y vivent et y élèvent leurs enfants. Participer à la vitalité de ce territoire est une évidence. », partage-t-elle.

La création du fonds de dotation Léone & Edward Renaud illustre cette conviction : l’engagement philanthropique ne se construit pas en un jour. Il demande du temps, de l’apprentissage et une volonté constante de progresser. Pour le groupe GPA, l’aventure ne fait que commencer, alors suivons-les !

 

 

Un grand merci à Natacha Imbert pour ce partage d’expérience et cette vision d’un mécénat profondément ancré dans les territoires.

Vous aussi, vous souhaitez structurer ou développer votre stratégie de mécénat ? Rejoignez la communauté Admical. 

 

 

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