le Mag

Mécénat : savoir donner pour recevoir

Paroles de mécènes

Si les motivations à faire du mécénat sont nombreuses, chaque parcours de mécène est unique. Aujourd’hui, Admical donne la parole à Jérôme Adam, entrepreneur qui s’est imprégné très tôt de la culture du don « à l’américaine ». Un premier pas en faveur de l’intérêt général sur un chemin qu’il continue aujourd’hui encore de poursuivre.
 
 
Comment est né votre engagement de mécènes ?

Dès la fin de mes études à l’ESSEC, j’ai été sensibilisé à l’idée de rendre une partie de ce que l’on m’avait apporté. Très présente dans les universités américaines, cette culture du don en faveur de son école et plus largement du mécénat commençait à être diffusée au sein du groupe ESSEC. Le groupe était alors engagé dans d’importants travaux et nous pouvions, diplômés comme étudiants, y contribuer.

Autre raison probable de mon engagement : ma mère a toujours été une personne généreuse et soutenant différentes actions dans l’éducation, la santé et la réduction de la pauvreté.

 

Comment choisissez-vous les causes que vous soutenez ?

Il y a bien sûr les engagements nés de mon histoire personnelle telles l’ARTC (Association pour la Recherche sur les Tumeurs Cérébrales) ou la fondation ESSEC qui permet notamment à des jeunes de bénéficier des formations de l’école.

Puis viennent les projets qui me semblent utiles à tous et nécessaires pour notre société comme la Fondation du Patrimoine et la Fondation Universcience (Cité des sciences).

Enfin s’ajoutent les projets portés par des personnes que mon épouse ou moi avons rencontrées et qui nous ont marqués : le Cours Colibri à Reims avec la Fondation Espérance Banlieues par exemple.

Au final, les actions que nous soutenons s’organisent majoritairement autour de la santé, de l’éducation et de la culture (sport compris).

 

Quelle est l’action de mécénat dont vous êtes le plus fier ?

Parlons plutôt de satisfaction que de fierté. La fierté, je la laisse à celles et ceux qui agissent au sein des projets que nous soutenons. Chaque initiative apporte son lot de plaisirs.

Disons quand même que j’éprouve généralement une grande satisfaction quand j’ai misé sur une personne, une équipe, un projet et qu’à ce moment-là peu y croyait. Ce sentiment doit venir de mon esprit entrepreneur !

Par exemple, depuis cinq ans, je soutiens les projets du responsable du sport universitaire de Champagne Ardenne qui permet aux étudiants de s’engager et de se former au travers d’expériences créatives et d’événements sportifs. J’avais été le seul chef d’entreprise à le soutenir et croire en lui quand il m’avait présenté en 2014 un premier projet. Depuis, plusieurs de ses idées ont été couronnées de succès.

C’est ainsi que l’an dernier, dans un élan d’euphorie, j’ai publié sur mon blog un article intitulé « S’attacher avant tout à la personne et à ses idées, c’est jouissif ! »

 

Pourquoi selon vous, encore très peu de TPE et PME sont mécènes aujourd’hui, moins de 3% pour les premières, 20% pour les secondes ?

Cette frilosité est peut-être liée tout d’abord à des raisons culturelles. Jusqu’à présent la culture de l’engagement ne me semblait pas aussi poussée, voire la culture du droit à avoir prédomine encore sur celle du devoir.

Autres raisons peut-être : le poids de la fiscalité qui donne moins de marge de manœuvre ?  Une méconnaissance du cadre légal et fiscal ?

 

Que pensez-vous du débat actuel sur la fiscalité du mécénat ?

Je ne suis pas un expert de la fiscalité qui ne conditionne pas mon engagement. C’est vous qui m’avez appris que le plafond de dons déductibles pour une TPE allait passer à 10 000 euros en cas de CA inférieur à deux millions d’euros.

Peut-être que les cabinets comptables en lien avec le tissu de TPE-PME devraient davantage informer leurs clients des possibilités de déduction en cas de mécénat. Une carotte qui peut permettre à certains de franchir le pas. Une façon aussi de « flécher » nos impôts.

 

Quels conseils auriez-vous à donner à des chefs d’entreprises qui hésitent encore à se lancer dans le mécénat ?

Un peu comme sur le Web où il faut savoir donner pour recevoir (sans contenu, pas de visiteur et d’intérêt de l’internaute), le mécénat doit être perçu comme une source de rencontres et de plaisirs intenses en contrepartie de son soutien. Il ne se limite pas à une question fiscale.

D’un pur point de vue financier d’ailleurs, n’oublions pas que « nous n’avons jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard. »

Alors lancez-vous. Commencez par une action et l’appétit viendra sans doute en ayant essayé.

 

Propos recueillis par Sylvaine Parriaux

 

A propos de Jérôme Adam

Enfant, Jérôme Adam rêve de devenir footballeur professionnel. Rapidement, ses expériences et les épreuves rencontrées l’aident à saisir qu’une seule décision peut changer notre vie. Il se découvre une âme d’entrepreneur et crée sa première entreprise à 23 ans.

Conférencier professionnel, Jérôme Adam intervient en entreprise sur la performance et le travail en équipe. Son parcours démontre que « si seul on va plus vite, ensemble on va plus haut ! 

www.jeromeadam.com

 

 

 

Ce site est réalisé grâce au mécénat de