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L’égalité des chances, un nouveau cap pour la Fondation FDJ

Paroles de mécènes

Isabelle Delaplace
Après 25 ans de mécénat sportif et solidaire, l’engagement de la Fondation FDJ évolue et se poursuit désormais en faveur de l’égalité des chances. Isabelle Delaplace, déléguée générale de la fondation, dresse le bilan des actions passées et nous dévoilent les nouvelles lignes qui guideront son action.
 
 
Pourquoi ce changement de cap de la Fondation après 25 ans au service du sport et de la solidarité ?

En 25 ans d’existence, le contexte sociétal dans lequel intervient la Fondation d’entreprise FDJ a changé. Parce que la société française a fait émerger de nouveaux besoins, mais aussi pour être plus en adéquation avec les nouveaux défis de son entreprise-mère, la Fondation d’entreprise FDJ a fixé un nouveau cap à son action en s’engageant pour favoriser l’égalité des chances en utilisant le jeu comme vecteur d’intégration et d’innovation sociale. Elle intervient dans les domaines de l’éducation, la formation et l’insertion avec un budget de 18 millions d’euros sur 5 ans.

Quel bilan pouvez-vous tirer des actions passées de la Fondation ?

La Fondation FDJ a été créée en 1993 et s’est engagée au cours de ses différents mandats dans des domaines d’intervention concernant le sport, le social et la santé. Le sport a irrigué les différentes actions de la Fondation, première en France à avoir œuvré dans le mécénat sportif. Pionnière dans ce domaine, elle a développé des programmes en faveur de jeunes sportifs de haut niveau et de l’accès à la pratique sportive aux personnes qui en sont exclues, notamment celles en situation de handicap.

Grâce à son action, la Fondation FDJ a soutenu plus de 800 associations et 400 athlètes valides et handisport, issus de 38 fédérations sportives. Ceux-ci ont remporté 150 médailles aux JO et Jeux Paralympiques après les Jeux de Rio. La Fondation FDJ a également financé plus de 1600 licences sportives depuis 2013.

Et pour l’avenir quelle est la nouvelle ambition de la Fondation FDJ ? Pourquoi avoir choisi comme nouveaux axes l’insertion et l’éducation ?

Ces champs d’intervention n’ont pas été choisis au hasard mais après une réflexion menée avec nos parties-prenantes internes et externes. Le besoin constaté est confirmé par de nombreuses études :

  • Les inégalités prennent leurs racines dans le décrochage scolaire :50% des jeunes décrocheurs sont au chômage contre 11% pour ceux diplômés de l’enseignement supérieur.
  • Les inégalités sont corrélées au milieu social : l’acquisition des bases scolaires diffère largement entre enfants issus de milieux favorisés et enfants de milieux défavorisés
  • Des facteurs nouveaux viennent creuser ces inégalités comme la non maîtrise d’internet et des technologies numériques : seuls 25% des français utilisent internet pour leur recherche d’emploi alors que 80% des offres y sont publiées.

Notre fondation souhaite jouer un rôle actif en accompagnant les personnes en difficultés d’intégration, quelles qu’en soient les raisons (âge, handicap, précarité économique, sociale et culturelle...), dans une démarche leur redonnant les clés et la confiance en leur potentiel pour se réinsérer.

Quelles formes vont prendre vos nouvelles actions au service de l’égalité des chances ?

Nous avons fait le choix de démarrer avec 3 projets de grande envergure : l’un pour lutter contre les inégalités face aux numérique et les deux autres pour contribuer soit à répondre, soit à prévenir le décrochage scolaire en utilisant des méthodologies ludiques qui redonnent confiance. En complément, un portefeuille très riche d’actions de taille plus modeste, allant de 2000 à plusieurs centaines de milliers d’euros qui permet d’équilibrer les enejux d’impact, de répartition thématique et géographique, mais aussi de garantir une qualité d’accompagnement opérationnel de la part de l’équipe de la Fondation.

La transition s’est-elle faite en douceur ? Quelles sont les clés selon vous pour qu’une fondation réussisse son changement d’orientation ?

La transition s’est faite sereinement et a eu un bon accueil.  Nous avons sensibilisé personnellement toutes les associations soutenues à ce changement dont la raison d’être a été bien comprise. Chaque cas a été étudié pour voir dans quelle mesure le nouvel objet était compatible avec la pérennisation du mécénat, allant dans le sens de nos objectifs : l’intérêt général.

Selon moi, les clés pour qu’une fondation réussisse son changement d’orientation sont :

  • La réflexion et l’analyse prenant en compte les enjeux stratégique de son entreprise fondatrice et les grands enjeux sociétaux ;
  • La prise décision collégiale et concertée avec les représentants des parties prenantes de l’entreprise ;
  • La sensibilisation au cas par cas de ses partenaires associatifs.
En tant que déléguée générale de la fondation, quels sont les prochains défis qu’il vous faudra relever ?

La Fondation va tout d’abord installer son nouvel objet social, le faire connaître pour attirer de nouveaux partenaires associatifs et gagner en maturité dans ses nouvelles modalités d’intervention. Comme nous inscrivons note programme dans une démarche d’innovation sociétale, nous nous doterons de moyens pour mesurer les effets, l’efficacité voire la réplicabilité des projets menés sur le territoire. Enfin nous souhaitons monter en puissance sur la mobilisation des différentes parties-prenantes, à commencer par les collaborateurs de FDJ et son réseau de détaillants en facilitant leur engagement et démultipliant ainsi le soutien à des associations de toute taille intervenant sur l’ensemble du territoire.

Et dès mi-juin, nous inviterons toutes les associations qui ont un projet d’envergure mettant le jeu au service de l’égalité des chances, innovant, duplicable et dont les objectifs d’impact social sont clairement identifiés et mesurables, à déposer leur projet sur la plateforme de la Fondation FDJ pour un jury de sélection au 4ème trimestre.

 

Propos recueillis par Marion Baudin

 

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