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Interview de Florence Javoy, Secrétaire Générale de la Fondation Groupe RATP

Paroles de mécènes

En tant que transporteur public, le Groupe RATP s’attache à tisser des liens étroits avec le territoire. De manière cohérente, c’est également dans cet esprit que la fondation du groupe a souhaité développer son action à travers la France, afin de servir l’innovation dans les territoires. Décryptage.
 
 
La Fondation groupe RATP a fait le choix de soutenir prioritairement les projets locaux. Pourriez-vous nous expliquer quelles en sont les raisons ?
 
Pour nous, le territoire c’est une évidence ! « Demandez-nous la ville », c’est la signature du Groupe RATP. Par son activité de transporteur public, le Groupe a vocation à tisser des liens étroits avec les territoires desservis pour contribuer à leur développement et à leur attractivité.

Nouer des liens avec les territoires est une mission dévolue à La Fondation d’entreprise Groupe RATP, c’est au cœur de notre action.

C’est aussi favoriser les relations entre les territoires et les collaborateurs du groupe. Ainsi, à Seoul, la Fondation soutient la création d’une activité de restauration pour l’insertion de personnes handicapées. Elles apprennent à cultiver des légumes, à les cuisiner et à les servir dans un restaurant.

Toute la filiale RATP locale s’est investie dans ce projet, qui a reçu un trophée RSE « implication territoriale » de la RATP. L’investissement des collaborateurs RATP a été bénéfique pour le projet mais également pour l’équipe, dans une forme élaborée de « team building ».

 

En quoi le soutien à ces projets locaux peut-il favoriser l’innovation sociétale dans les territoires ?

Plus nous sommes près du terrain, plus nous sommes proches des besoins et surtout des solutions émanant du tissu local.

Les territoires, pour nous, ce sont des humains. Et plus particulièrement, des humains en situation de fragilité pour des raisons diverses. Nos actions visent à favoriser leur accès à la culture, l’éducation ou l’emploi.

La Fondation noue des partenariats, soit avec des institutions emblématiques - musées, établissements d’enseignement supérieur notamment - souvent relayées par des acteurs locaux, soit directement avec des associations locales. Œuvrer à travers les parties prenantes du terrain, c’est augmenter les chances de tomber juste dans nos actions. C’est en ce sens que le soutien aux projets locaux favorise l’innovation sociétale.

 
Selon vous, est-il plus facile de mettre en place des projets réellement innovants à échelle locale plutôt qu’au niveau national ? Les approches sont-elles complémentaires ?

La Fondation Groupe RATP soutient essentiellement des acteurs locaux. Même lorsque nous appuyons des structures au niveau national, le projet se décline localement. Nous avons ainsi un partenariat avec l’ADIE, l’association pour le droit à l’initiative économique, qui dispose de très nombreuses antennes sur l’ensemble du territoire.

Nous participons à l’Alliance pour l’éducation, une initiative de portée nationale. Nous sommes engagés avec d’autres grandes fondations pour la prévention du décrochage scolaire. Ce projet, porté l’association Alliance pour l’éducation, se décline, collège par collège, en lien avec des acteurs locaux.

Pourrions-nous envisager, à l’inverse, de partir d’un projet qui fonctionne bien dans un territoire et de l’étendre ? Il faudrait voir au cas par cas, mais je crois qu’on en reviendra toujours aux acteurs locaux, à un projet qui se déclinera en fonction des spécificités de chaque territoire.

 

Comment la Fondation Groupe RATP travaille-t-elle avec les autres acteurs territoriaux (citoyens, collectivités, associations,..) pour développer des projets innovants ?

La Fondation a réfléchi à la professionnalisation de ses pratiques pour mieux accompagner ses partenaires.

Elle s’est ainsi dotée d’une méthode d’évaluation qualitative, EPISSURE, avec le concours de Stéphane André, chercheur au CNRS. EPISSURE est un outil de pilotage par objectifs, dont les indicateurs sont choisis par l’acteur local et la Fondation. Il ne s’agit pas de trancher entre bons et mauvais projets, mais d’aider les structures à améliorer leurs projets en évaluant si ceux-ci ont atteint les objectifs qu’elles-mêmes se sont fixés.

EPISSURE constitue un regard exigeant et bienveillant sur les pratiques des structures partenaires. Calibrer ses objectifs permet de mieux cerner son action et d’en décrypter le déroulement effectif. Les associations s’approprient la méthode ; certaines continuent même de l’utiliser à l’issue du partenariat.

 

La Fondation Groupe RATP s’engage donc sur l’ensemble du territoire, mais le nombre de projets soutenus en région parisienne reste largement supérieur à ceux répartis dans le reste de la France. Quelles en sont les raisons ? A l’avenir, pensez-vous soutenir encore davantage les projets ancrés dans les territoires ?

La Fondation Groupe RATP intervient exclusivement dans les territoires d’implantation du groupe. En région Ile-de-France, implantation historique du groupe, mais pas seulement puisque le groupe est présent dans quinze pays. L’action de la filiale RATP Dev s’étend bien au-delà du périmètre historique. En France avec une présence, par exemple, à Annemasse, Bourges, Charleville-Mézières ou Valenciennes. Mais aussi à l’international. Ainsi, certaines actions de la Fondation se déroulent loin de France : à Casablanca, à Washington, à Mumbaï, à Séoul, à Johannesburg.

Nous agissons principalement en Ile-de-France en raison de la densité de notre implantation et du nombre important de projets qui émanent de ces territoires. Nous nous efforçons de développer plus de projets dans d’autres régions et à l’international. Nous avons récemment lancé un partenariat avec le Louvre Lens, qui nous permet d’agir en faveur de publics non franciliens.

 

Propos recueillis par Diane Abel

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