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Encourager l'épanouissement de chacun via l'entrepreneuriat

Paroles de mécènes

Alors que de nombreuses entreprises et fondations font le choix de soutenir des domaines spécifiques – environnement, santé, recherche, sport, social, etc… - la Fondation Entreprendre s’engage depuis 10 ans dans le soutien à l’entrepreneuriat, un champ d’action assez large donnant l’occasion à chacun de s’épanouir sous de multiples formes et dans des projets très différents. Elisabeth Da Souza, directrice Mécénat et Philanthropie de la Fondation Entreprendre, nous en dit plus.
 
Pourquoi la Fondation Entreprendre s’est-elle engagée dans l’aide à la création ou valorisation de l’emploi et l’entrepreneuriat ?

La Fondation a été créée par André Mulliez en 2008 dans l’optique de défendre la cause entrepreneuriale.  Ses premières actions se sont tournées vers l’accompagnement des entrepreneurs notamment en soutenant l’association Réseau Entreprendre qu’il avait créée 30 ans plutôt. Cette initiative était née dans un contexte industriel et économique peu favorable où en tant que chef d’entreprise, il a été confronté au licenciement. Il ne concevait pas l’idée de se défaire d’hommes et de femmes attachés à leur travail. Il était convaincu que pour créer des emplois, il fallait faire naître des entrepreneurs. Fort de constater le développement du Réseau au niveau national, la Fondation Entreprendre avait donc pour objectif de pérenniser l’action du Réseau pour qu’il puisse se développer et essaimer. Parallèlement, la Fondation avait également développé son action auprès des jeunes et des enseignants pour préparer la relève des entrepreneurs de demain.

A la Fondation Entreprendre, nous sommes convaincus que la dignité est le point de départ de toute action : éduquer ses enfants, vivre ses passions ou ses rêves, réaliser ses envies, valoriser l’emploi et le travail. Nous considérons que l’entrepreneuriat est une voix d’épanouissement pour l’entrepreneur qui souhaite se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.  C’est pour lui  la liberté de créer un produit ou un service qui n’existe pas et d’être autonome.  Il développe une posture entrepreneuriale, avec un goût prononcé du collectif avec ses équipes, pour accompagner le développement de l’entreprise et  être créateur d’emplois permettant à des hommes et des femmes d’avoir un travail et de se réaliser.

L’action de la Fondation est aujourd’hui structurée autour de quatre programmes,  pour démultiplier son impact sociétal avec les associations qu’elle soutient, auprès des jeunes, des femmes, des publics fragiles ou éloignés de l’entrepreneuriat et des entrepreneurs de façon plus globale. 

Fidèle au moteur de son fondateur, la Fondation Entreprendre a l’ambition de permettre au plus grand nombre d’entreprendre, avec une triple définition du mot « entreprendre » : entreprendre sa vie, entreprendre son emploi et entreprendre son entreprise.

 

Pour vous, quelles sont les valeurs portées par la démarche entrepreneuriale ?

Pour moi, la démarche entrepreneuriale revêt quatre piliers fondamentaux et indissociables : l’audace, le goût du risque, la bienveillance et la détermination.

Je crois qu’ils parlent d’eux-mêmes. Mais je tiens à ajouter quelques compléments qui me sont chers: il faut de l’audace pour se lancer mais aussi avoir le goût de jouer, de s’amuser et de perdre parfois, sans pour autant que l’échec soit une fatalité ! L’aventure entrepreneuriale  n’est pas un long fleuve tranquille,  c’est un peu comme des montagnes russes avec des hauts et de bas. De toutes mes rencontres avec les entrepreneurs, c’est le plaisir qui est le fil conducteur… La bienveillance doit se manifester envers les équipes composée de femmes et d’hommes, des talents qui vont contribuer à la réussite de l’entreprise. Il est primordial de savoir accompagner ses collaborateurs, même dans l’erreur ! C’est enrichissant et constructif pour le collaborateur comme pour l’entreprise tant que la bienveillance est prépondérante. La détermination est aussi nécessaire, et croire en son projet coûte que coûte sans le dévoyer. Je suis très admirative des « entrepreneurs » !

 

A travers vos quatre programmes d’actions, vous intervenez auprès de publics très différents. L’entrepreneuriat est donc un monde accessible à tous ?

Vous l’aurez compris pour nous, Entreprendre c’est plus large qu’entreprendre son entreprise. C’est pour cela que nous avons élaboré quatre programmes d’actions à destination de publics spécifiques, avec des objectifs adaptés à chacun d’eux.

Le programme Graines d’entrepreneurs sensibilise les plus jeunes à la culture entrepreneuriale dans les collèges, lycées, universités et filiales professionnelles.  Des Elles pour Entreprendre promeut et renforce l’entrepreneuriat féminin. Le programme Cœurs d’entrepreneurs aide et soutient des publics qui ont besoin d’un accompagnement spécifique (décrocheurs scolaires, personnes en situation de handicap…). Parcours d’entrepreneurs accompagne la création, le développement et la reprise d’entreprises. Il soutient également les entrepreneurs en phase de rebond.

Nous agissons donc de manière assez large, notamment depuis 2015 lorsque la Fondation est devenue abritante. Nous amplifions notre action en permettant à des familles, des personnes et des entreprises de donner corps à un projet philanthropique, par la création de fondation sous égide, dans des domaines complémentaires.

Mais je ne peux pas dire que l’entrepreneuriat est un monde accessible à tous, tout le monde ne pas être entrepreneur et tant mieux ! Mais tout le monde peut être entrepreneur de sa vie et c’est cette posture entrepreneuriale que nous souhaitons largement diffuser, et oui, celle-ci est accessible à tous !

 

En quoi le soutien à l’entrepreneuriat peut-il être une réponse novatrice aux défis du monde d’aujourd’hui ?

Le monde d’aujourd’hui nécessite plus d’agilité, 60% de nouveaux métiers verront le jour d’ici 20 ans. Le rapport à l’entreprise et à son employeur a évolué. On ne rentre plus dans une entreprise pour y faire carrière, on ne sacrifie plus sa vie privée pour réussir à tout prix, ce qui n’empêche pas de belles réussites professionnelles. Les jeunes d’aujourd’hui et ceux qui arrivent aspirent davantage à concilier leur vie privé et leur vie professionnelle, à choisir des entreprises qui portent des valeurs, qui donnent du sens avec des engagements sociétaux forts. L’entrepreneur tend de plus en plus à répondre à ces problématiques dans un souci d’engagement responsable. C’est en faisant bouger les lignes de l’entrepreneuriat que notre impact sociétal sera renforcé. C’est une cause à soutenir sans modération. Une cause d’intérêt général !

 

Votre fondation a-t-elle identifié de nouveaux axes d’intervention pour l’avenir ?

La Fondation entreprendre doit accompagner les évolutions sociétales c’est indispensable. Certains de nos programmes évolueront, d’autres disparaitront peut-être. Auprès des jeunes, nous nous demandons déjà comment mieux les accompagner dans la vision qu’ils ont aujourd’hui de l’entrepreneur. Dans un monde où cette figure devient emblématique, il ne faudrait pas envoyer des signaux erronés. Concernant l’égalité des chances, nous avons construit un programme spécifique envers les femmes entrepreneures qui, nous l’espérons, n’aura plus lieu d’être ! Nous étudions également différentes problématiques de près, comme l’accompagnement des décrocheurs scolaires, comment entreprendre dans les quartiers ou encore le bien-être des entrepreneurs, en espérant adresser prochainement des réponses spécifiques. Avec l’allongement de la vie et de l’âge de la retraite, l’une de nos prochaines actions, dans les mois qui arrivent, consistera à concevoir l’entrepreneuriat comme une voix de réalisation et d’épanouissement pour des personnes de + de 45 ans. Ce programme soutenu par un mécène est en cours de construction. Nous sommes donc très attentifs à l’évolution sociétale française impactant directement l’entrepreneuriat.

 

Propos recueillis par Diane Abel

 

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