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[Impact & Evaluation] Comment lier confiance et évaluation ?

Expertise

Alors que la pratique de l’évaluation semble prendre de plus en plus de place dans le milieu du mécénat, la notion de confiance reste toujours en retrait. En effet, il est important de pouvoir développer la culture de l’évaluation, tout en travaillant en parallèle sur cette culture de la confiance. Mais alors comment lier évaluation et confiance, quand tout semble les opposer et surtout comment pérenniser cette relation entre les deux notions ?

Si l’on s’interroge sur le lien entre évaluation et confiance, c’est parce que l’évaluation n’est pas toujours vue d’un bon œil. En effet, dans notre culture, il existe deux grands types d’évaluation : la sommative et la formative. C’est la première qui se présente le plus souvent, celle qui est souvent confondue avec le contrôle. Mais l’évaluation c’est avant tout donner de la valeur et mettre en avant les points positifs de l’objet évalué.

C’est alors dans ce cadre que la notion de confiance a tout à fait sa place dans la démarche d’évaluation. Selon Eloi Laurent dans L’Economie de la confiance, « […] la confiance est une espérance de fiabilité […] dans le cadre de situation incertaine ». Ainsi, la confiance est tout à fait légitime dans la démarche d’évaluation, et surtout celle du mécénat qui implique une issue positive à un partenariat parfois incertain.

 

Pourquoi a-t-on autant besoin de l'évaluation dans le mécénat ?

Le sujet de l’évaluation semble prépondérant dans beaucoup de domaines. Critère de révélation de l’acquisition des savoirs ou des aptitudes requises, elle est utilisée régulièrement afin de rendre des comptes, dans une situation particulière. Celle du mécénat n’y échappe évidemment pas. Qu’elle se pratique lors de la sélection du projet, pendant sa mise en place ou à son issue, comme résultat et impact, l’évaluation reste un élément essentiel de la relation partenariale (elle-même soumise à l’évaluation). La preuve en est avec ce schéma qui nous propose les différents types d’évaluation au cours du partenariat.

 

Ce schéma permet de retrouver les différents types d’évaluation dans la situation de mécénat. Cette évaluation se retrouve donc à chaque étape clé du partenariat, en prenant en compte à la fois les porteurs de projets et les mécènes. La relation partenariale est aussi soumise à l’évaluation, sur un mode continu, et s’adresse aux différentes parties prenantes. Elle sera donc évaluée à la fois sur les relations « intra » entre la personne en charge du mécénat et les différentes parties prenantes de l’entreprise ou de la fondation, et sur les relations « inter » avec les porteurs de projets.

 

Mais pourquoi, alors que l’on évoque le don, l’aide et l’entraide, cette notion d’évaluation apparait ? Cela vient principalement du fait que le mécénat utilise des ressources, mises à disposition par des mécènes. Ces ressources sont parfois tendues et leur utilisation doit être optimale pour servir au mieux le projet. Dans ce contexte, l’évaluation semble une bonne méthode pour s’assurer de la bonne attribution et allocation de ces ressources.

En parallèle, on voit ce besoin d’évaluation croitre, avec l’arrivée de nouveaux dispositifs de partenariat, tels que les Contrats à Impact Social. Elle devient alors un élément capital de la relation de partenariat et du financement du projet.

Dans ce contexte, il semble donc indispensable de pouvoir allier la pratique de l’évaluation avec la culture de la confiance. Il est donc important de travailler en parallèle sur ces deux notions et d’essayer de les allier le plus possible.

 

Et la confiance dans tout ça ?

La confiance a tout à fait sa place dans la démarche d’évaluation. En effet, en reprenant le schéma des types d’évaluation du mécénat, il est évident de voir apparaitre cette notion de confiance, notamment dans la relation partenariale. Cette partie implique de regrouper l’ensemble des personnes qui prendront part, de près ou de loin, au projet. L’évaluation est donc basée sur les relations entre les différents individus, sur leurs liens et leur capacité à évoluer ensemble. Or la confiance semble être une attitude à l’égard des autres, une ouverture qui implique fiabilité et sécurité. Dans ce contexte, il est  aisé de penser que la confiance doit  être au cœur de la relation partenariale, pour que celle-ci soit épanouie et que le projet puisse s’établir correctement.

La confiance semble donc un élément essentiel de l’évaluation, il parait alors important de savoir l’identifier et la révéler.

C'est ce que nous vous proposons d'essayer dans les différents articles de ce dossier.

 

Tifenn André

 

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