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Généreuse et solidaire : La ville rose s’ouvre au mécénat

Expertise

Alors que le Tour de France des mécènes vient de faire escale à Toulouse, Admical se penche sur la pratique du mécénat en Midi-Pyrénées. Solène Flahault, Directrice des Affaires Publiques et de la RSE d'ATR aircraft, et Maïa de Martrin, déléguée régionale Admical en Midi-Pyrénées, nous livrent leur vision et leur expérience du mécénat dans leur région.

En bonne santé économique, notamment grâce à la présence d’Airbus et de ses prestataires, les mécènes en Midi-Pyrénées sont relativement nombreux. 17 % selon la dernière étude 2015-2016 réalisée par l’école TBS pour le compte de l’Association française des Fundraisers, légèrement au-dessus de la moyenne nationale (14%).

Les besoins sont nombreux sur le territoire et se ressentent dans les différents secteurs soutenus. En tête arrive le sport, domaine favori des mécènes (48%), suivi de la culture (45%) et du social (38 %). Ces trois domaines sont ceux également plébiscités à l’échelle nationale, comme le révèle le baromètre Admical sur le mécénat d’entreprises en France. A noter cependant : les projets culturels sont beaucoup plus largement soutenus en Midi-Pyrénées Languedoc Roussillon que sur l’ensemble du territoire (45% des entreprises dans la région contre 24% sur l’ensemble du territoire français).

Contrairement aux idées reçues, les PME jouent le jeu ! En effet, 17% des entreprises de moins de 50 salariés sont mécènes, et il en va de même pour celles entre 50 et 99 salariés.  Comme on peut s’y attendre, le mécénat financier est majoritaire, mais les petits budgets sont les plus courants : moins de 5000 euros pour plus de la moitié des mécènes toulousains.
L’appétence pour les projets locaux se confirme à Toulouse où 92 % des projets soutenus se trouvent dans le périmètre proche des entreprises. Les mécènes souhaitent en effet agir sur leur territoire et voir les effets concrets de leur action.

Et pour demain, les perspectives sont bonnes ! 59 % des mécènes déclaraient en 2016 vouloir stabiliser leur budget mécénat à l’avenir. De quoi rester enthousiaste pour le développement du mécénat dans la région !

Le grand chantier reste celui du mécénat collectif car celui-ci peine encore à se développer bien que 10 % des entreprises mécènes appartiennent à un club de mécènes. Plusieurs de ces clubs de mécènes sont très actifs sur la région. On peut citer parmi les plus connus celui du Grenier de Toulouse et des Voies navigables de France. Mais tous ont été créés à l’origine par des porteurs de projets.

A quand un club créé et porté par les entreprises locales ? Work in progress…
 

 

Solène Flahault, directrice des Affaires Publiques et de la RSE d’ATR aircraft, entreprise de 1300 personnes basée à Toulouse a participé au Tour de France des Mécènes, le 29 juin à Toulouse. En pleine démarche de restructuration de l’activité Mécénat de l’entreprise, elle témoigne.

 

Qui est ATR Aircraft ?

ATR, Avion Transport Régional  est un Groupement d’Intérêt Economique, créé par Airbus et Léonardo (société aéronautique italienne) en 1981 pour construire des avions à turbopropulseurs, de 48 à 70 places. Nous employons 1300 salariés et vendons dans 100 pays autour du globe.

 

Comment une entreprise comme ATR, se lance-t-elle dans le mécénat ?

En tant que directrice des Affaires Publiques et de la Responsabilité Sociale et environnementale (RSE), je rencontre de nombreux organismes présents sur le territoire et convaincus que nous devons agir en commun pour favoriser une société plus juste, plus solidaire.

Nous sommes venus au mécénat, petit à petit, pour répondre à certaines demandes locales et accompagner des projets qui nous ont convaincus. Pour nous, le mécénat est une manière de participer à l’intérêt général,  sur notre territoire. Et nous associons les employés  dans la démarche.

 

Quel regard portez-vous sur votre action mécénat ?

Il y a 18 mois, la direction d’ATR a souhaité développer une politique de RSE de l’entreprise, portée par mon département au sein du secrétariat général. L’ensemble des directions a été consulté. C’est à ce moment que nous avons fait un point sur les différents partenariats et actions que nous menions, y compris en mécénat. Je me suis rendue compte que nous nous investissions dans une profusion d’actions, avec un risque d’éparpillement. La démarche de restructuration du mécénat était lancée.

 

Est-ce la raison de votre participation au TDF des mécènes mené par Admical à Toulouse ?

J’ai entendu parler de l’événement grâce au club « Réussir » de Blagnac, dont nous faisons partie. Nous avions mené de longues réflexions en interne pour retenir nos axes d’actions, pour qu’il y ait une cohérence avec notre mission d’entreprise. Je suis contente d’être venue et de découvrir l’association Admical. Les discours des tables rondes me prouvent que nous sommes sur la même longueur d’ondes avec les entreprises présentes ce soir. Ce sont pour beaucoup des PME, des entreprises de taille moyenne comme la nôtre, il y a aussi de grandes Fondations.

L’initiative d’Admical va nous aider à nous retrouver et partager de bonnes pratiques, notamment via le petit-déjeuner prévu pour la rentrée. C’est intéressant d’ailleurs, car nous identifions en ce moment les associations que nous souhaitons soutenir. Ce Tour de France des Mécènes va nous permettre de croiser nos points de vue.

 

 

Maïa de Martrin, déléguée régionale Admical en Midi-Pyrénées, analyse la situation du mécénat dans la région. 

 

Une étude de 2015 réalisée par l'école TBS montrait que 17% des entreprises de Midi-Pyrénées sont mécènes. C'est donc une pratique relativement développée sur le territoire ?

C'est une pratique ancrée dans les gênes car l'Occitanie est une terre d'Ovalie, généreuse et portée par des valeurs de solidarité fortes. Pour autant les entreprises mécènes font du mécénat depuis toujours sans le savoir et gardent des scrupules à le faire savoir!


Selon vous, y  a-t-il des spécificités à la pratique du mécénat liées à votre région ?

Oui, c'est certain. Le mécénat de proximité révèle que les pratiques sont liées plus spécifiquement à la recherche, au secteur de la santé, à l'humanitaire et à l'insertion des jeunes.

 

Pour vous, quelles seraient les pistes de développement les plus pertinentes pour que le mécénat décolle en Midi-Pyrénées ?

Les pistes de développement du mécénat relèvent d'une prise de conscience des dirigeants et patrons de TPE/PME, davantage que du secteur d'activité. Cette prise de conscience naît souvent d'une demande des collaborateurs où d'un besoin de dialoguer en interne sur un projet collectif d'entreprise. C'est la raison pour laquelle les formations et la sensibilisation sont essentielles car elles permettent de démocratiser les bonnes pratiques.

 

Le Tour de France des mécènes est passé à Toulouse. Qu'est-ce que vous retenez de cette étape ? Quelles sont les perspectives pour la suite ? 

En tant que premier du genre, il était temps! Cette étape marque un intérêt croissant des entreprises et des acteurs locaux, conscients de l'impact du mécénat sur l'environnement, mais aussi la culture ou la solidarité. Les perspectives pour la suite concernent bien sûr les dirigeants et leurs collaborateurs qui pourraient avoir envie de s'impliquer sur leur territoire économique local, en concertation avec d'autres acteurs engagés.

 

Propos recueillis par Marion Baudin et Florence Fabre

Un exemple de mécénat réussi en Midi-Pyrénées : Le Airbus Flying Challenge

La fondation Airbus, créée en 2004, s’est associée à United Way Toqueville France dès 2012 pour poursuivre son engagement sociétal et proposer aux élèves de la région Midi-Pyrénées le programme Airbus Flying Challenge.

De la 4ème à la terminale, des étudiants sont suivis tout au long de l’année par plus de 200 collaborateurs et peuvent participer à de nombreux ateliers pour gagner en confiance et mieux choisir leur parcours scolaire.

Né de la volonté du PDG Tom Enders de contribuer au développement de la jeunesse, le programme a bénéficié à  417 collégiens des REP (« Réseaux d’éducation prioritaire »). Un pari réussi pour ce programme qui ne cesse de surprendre par la croissante mobilisation des collaborateurs et par ses impacts au sein de l’entreprise et auprès des étudiants. « Nous avons été surpris par la forte mobilisation des collaborateurs. Certains se sentent mieux au sein de l’entreprise et travaillent mieux en équipe grâce à ce programme », explique Marie-Claire Certiat, Directrice de programmes de la Fondation Airbus.  

Fort de ce succès, il a été étendu à l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’Allemagne. Il sera bientôt également déployé en Inde et en Chine. 

 

 

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