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[Dossier ESS] En 2017, cap sur l'Economie Sociale et Solidaire

Expertise

®joséphine vallé franceschi
Afin de décortiquer les enjeux, les problématiques et les alternatives liés aux accointances entre mécénat et ESS, Admical vous propose ce dossier dont le premier article est consacré au Baromètre de l’ESS réalisé par KPMG et Convergences depuis 2012, qui dresse les grandes tendances du secteur pour l’année à venir.

L’économie sociale et solidaire (ESS) peut se définir comme une « manière d’entreprendre » qui place l’efficacité économique au service de l’intérêt général. Quel que soit le statut juridique des entreprises (association, coopérative, SAS, …), leurs dirigeants cherchent à concilier utilité sociale et activité économique i.e qu’ils font du profit un moyen, non une fin en soi.

L’appétence des mécènes pour un soutien à l’entrepreneuriat social grandit de jour en jour et la question de l’éligibilité au mécénat de structures de l’ESS porteuses de l’utilité sociale mais ne remplissant pas les critères fiscaux de l’intérêt général se pose de manière accrue depuis l’adoption de la loi ESS. Si la loi ESS a entraîné dans son sillage de nombreux travaux de réflexions et de nombreuses propositions d’élargissement du dispositif mécénat en faveur de l’entrepreneuriat social, elle n’a pas étendu l’éligibilité aux dons.

En cause la multiplicité des structures (associations, fondations, entreprises, mutuelles, coopératives) mais surtout l’arbitrage essentiel entre d’un côté utilité sociale et de l’autre intérêt économique. En effet, l’élargissement de l’éligibilité accroîtrait significativement le nombre des bénéficiaires et permettrait à des structures constituées sous forme commerciale et ne répondant notamment pas au critère de gestion désintéressée, de faire appel aux dons.

Depuis 2012, KPMG et Convergences publie le Baromètre de l'ESS, qu'en retient-on ?

 

Des initiatives innovantes contribuant à de réels impacts sociaux

  • De la "Sun Valley" à la "Sociale Valley"

L’ESS permet de dynamiser les territoires. A l’instar d’Ici Montreuil, cette usine urbaine réunissant 161 artisans, entrepreneurs et start-ups de la création regroupant un total de 60 savoir-faire artisanaux pour relancer le made in Montreuil. Après seulement quatre ans d’existence, le modèle va se dupliquer prochainement à Marseille, Bordeaux et Paris. S’inspirant de la dynamique de la French Tech notamment, l’idée de l’essaimage  repose sur la volonté générer de véritables vocations sur les territoires tout en conservant leurs caractéristiques propres.

  • Une source d'amélioration des problématiques environnementales et sociales

Selon le Baromètre, les entreprises sociales sont estimées être l’acteur le plus innovant dans la résolution des problèmes environnementaux et aux sociaux (34% des personnes interrogées) avant la société civile (27%) ou les pouvoirs publics (22%). A titre d’exemple, l’entreprise Phénix qui accompagne ses clients professionnels (grande distribution, industriels, secteur événementiel…) dans leur transition vers le tournant de l’économie circulaire, en répondant avec les solutions les plus innovantes et adaptées à leurs problématiques de réduction de gaspillage et de valorisation des déchets.

  • Une source d'emploi

L’économie sociale et solidaire (ESS) est source d’opportunités professionnelles nombreuses et variées notamment quel que soit le niveau ou domaine de qualification. Ce modèle entrepreneurial, stable et résilient, crée plus d'emplois que l'économie classique : depuis 2000, tandis que l'emploi privé dans l'économie classique progressait de 4.5%, les entreprises de l'ESS créaient 24% d'emplois supplémentaires.

D’ailleurs l’étude KPMG nous le confirme encore cette dynamique puisque 93% des entrepreneurs sociaux interrogés pour le Baromètre, envisagent de recruter pour l’année à venir[1]. Cependant, ces opportunités restent encore aujourd’hui mal connues.

 

Des initiatives encore méconnues

Aujourd’hui le secteur manque de reconnaissance. En effet si 61% des personnes interrogées connaissent le terme « ESS », seulement 31% identifient  celui « d’entreprenariat social ».Un réel travail de pédagogie reste à faire. C’est ce à quoi essaye de répondre ce baromètre car en créant des outils pour mesure l’impact. Ainsi, il sera possible de mesurer plus précisément l’impact de ces entrepreneurs sociaux, de gagner en crédibilité et de combler le manque de notoriété auprès du grand public dont souffre le secteur.

La loi ESS pose une définition du périmètre de l’ESS. La notion d'entreprise de l'ESS regroupe ainsi les acteurs historiques de l'économie sociale, à savoir les associations, les mutuelles, les coopératives et les fondations, mais aussi de nouvelles formes d'entrepreneuriat social : les sociétés commerciales qui poursuivent un objectif d'utilité sociale tel que défini dans la loi, et qui font le choix d'appliquer les principes de l'ESS.

Couvrant quasiment tous les secteurs d'activité, l'ESS représente 10% du PIB et constitue un mode d'entreprendre conciliant exigences de solidarité et performances économiques, utilité sociale et efficacité, patience des investisseurs et implication d'un grand nombre de parties prenantes : sociétaires, adhérents, bénévoles, salariés, mais aussi parfois fournisseurs et clients.

Ce modèle entrepreneurial, stable et résilient, crée plus d'emplois que l'économie classique : depuis 2000, tandis que l'emploi privé dans l'économie classique progressait de 4.5%, les entreprises de l'ESS créaient 24% d'emplois supplémentaires.

Léa Morgant

 

Pour en savoir plus

> Consulter l'intégralité du baromètre


[1] Chiffres de 2016

 

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