|    06 Mai 2020

Covid 19 - la Fondation d'entreprise Ricard se réinvente via le numérique


Pour l’équipe de la Fondation d’entreprise Ricard qui entretient depuis plus de vingt ans un compagnonnage fidèle avec les artistes de la scène française et d’ailleurs, il s’agit plus que jamais de réaffirmer son soutien concret à cet écosystème fragile. La première décision qu'elle a prise a été de n’annuler aucun de leurs engagements. 

Au report de certains projets, ils réfléchissent aujourd’hui à additionner une dose d’inventivité qui fera de ce décalage dans le temps un atout.  A plus court terme, ils ont fait le choix de transformer et d’adapter tous les rendez-vous pris, jusqu’à l’été, à cette situation inédite. 

Ainsi, le budget de production engagé dans le cadre de leur partenariat avec l’Ecole des arts déco de Paris à travers les « Soirées Décor  » (un abécédaire de notre monde contemporain) a été redirigé vers un fond de soutien aux étudiants de l’école.

Les rencontres prévues dans le cadre de leurs cycles permanents vont, elles aussi, revêtir des habits nouveaux. Clarisse Hahn  a ouvert le bal dès la semaine dernière en profitant du créneau fixé au 29 avril dans le cadre des « Entretiens sur l’art » pour diffuser à travers leurs réseaux sociaux et sur leur site son étonnant Los Desnudos (2012) qui documente la lutte atypique (et dénudée) de paysans sans terre au Mexique. Elle vous invite à visionner dans la nuit du 10 au 11 mai sur France 2 la diffusion de son premier long métrage de cinéma, Mescaline (2017). 

Le 7 mai, c’est Laëtitia Badaut Haussmann, programmée dans le cadre du cycle « Partition Performance » que vous retrouverez pour une conférence performée sur ZOOM. Elle nous fera voyager dans les espaces modélisés de la Fondation d’entreprise Ricard mais aussi dans les espaces fantômes du premier musée d’art moderne au Japon.  Et ce sera ensuite au tour de Charlotte Khouri (toujours dans le cadre des « Partitions Performances ») de proposer un projet spécifique le 14 mai. 

Quant à Textwork  (plateforme de production d’essais critiques sur des artistes de la scène française par des auteurs internationaux que la Fondation porte depuis trois ans en partenariat avec le Ministère de la culture), il ont décidé en cette époque de dématérialisation mais aussi d’accentuation des flux d’échanges de lui donner aujourd’hui un coup d’accélérateur en passant commande de trois nouveaux textes qui viendront s’ajouter à ceux en cours d’écriture dédiés à Sarah Tritz, Anne Bourse, Martine Aballéa et Tatiana Trouvé). 

Enfin, convaincu·e·s que nous vivons actuellement un changement de paradigme majeur et qu’il va falloir réinventer bon nombre de nos habitudes, la Fondation s'engage dès à présent dans un tout nouveau projet expérimental initié par l’artiste Neil Beloufa dans une logique de partage propre à l’esprit du web.  
A rebours des effets de centralisation d'aujourd’hui, cette initiative vise à faire émerger des œuvres singulières et indépendantes qui viendront nourrir un réseau parallèle et horizontal dans lequel nous serons amenés à naviguer comme sur google earth ou dans un jeu vidéo.  L’enjeu : soutenir la production d’œuvres pensées non plus pour le white cube mais pour internet, cet espace à la fois très largement peuplé mais finalement encore assez peu irrigué par une pensée critique nécessaire au champ de l’art.

La pièce inédite et collaborative de Neil Beloufa, une série intitulée Screen Talk www.screen-talk.com , coproduite par la Fondation d’entreprise Ricard, sera disponible en ligne à partir du 8 mai.
Sont par ailleurs en cours de financement la plateforme vidéo interactive de Chrystèle Nicot & Antoine Alessandrini qui imaginent un retour à la vie de bureau après des années de solitude casanière, ainsi qu’une adaptation du film de Grégoire Beil, Les Jeunesses d’Or, d’abord présenté sous une forme spatialisée au Palais de Tokyo à l’automne dernier. Une histoire d’affrontement générationnel, de couvre-feu et d’Ehpad qui réaffirme le rôle de vigie que les artistes endossent aujourd’hui plus encore qu’hier.

La fondation continue donc son soutien de toujours aux artistes en favorisant le canal numérique que nous impose cette période de confinement. 

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