|    18 Décembre 2018

Ce qui fait battre le cœur des mécènes

Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin d’embarquer de plus en plus d’entreprises dans la belle aventure du mécénat. 9% d’entreprises mécènes, c’est bien mais loin d’être suffisant ! Le mouvement de professionnalisation doit s’amplifier, le cadre législatif doit rester adapté et juste, être plus équilibré.

A l’heure où l’entreprise de demain sera « à mission » ou ne sera pas, où le leitmotiv du gouvernement est « la société de l’engagement », où les besoins ne cessent de croître, la générosité des entrepreneurs, de l’artisan au dirigeant d’une société du CAC40, en passant par celui d’une entreprise de l’ESS, doit être reconnue et encouragée.

2018 a marqué les 15 ans de la loi mécénat, et fut l’année de tous les dangers, à une exception notable, celle de vouloir rétablir un équilibre pour les petites entreprises.

A l’heure où j’écris ces lignes, l’instauration d’une franchise de 10 000 euros pour ces dernières, grâce à laquelle elles pourraient dépasser le plafond des 0,5% du chiffre d’affaires, semble – restons prudents – acquise. A quelle date prendra effet cette mesure ? Janvier 2019 ou 2020, la question reste en suspens.

Mais il ne faudrait pas que ce qui est donné d’une main soit repris de l’autre ! L’engagement mécénal des grandes et très grandes entreprises n’a cessé de subir des incriminations tout au long de l’année, selon un principe implicite qui dépasse de loin le mécénat : les petites entreprises seraient parées de bonnes intentions quand les grandes n’en auraient que des mauvaises ! Vision erronée, et donnant lieu à certaines propositions dangereuses comme le plafonnement du mécénat à 10 millions de dons annuels. Cette mesure, aux contours très flous, aurait en plus un impact négatif sur des projets ambitieux, par exemple dans la recherche médicale, la rénovation du patrimoine, ou encore les JO 2024…

Si la question fiscale est souvent au centre des débats, nous devons absolument la dépasser. Seules 49% des entreprises utilisent la réduction d’impôts. Cela dit, elle est cruciale car elle constitue un levier pour donner plus. Mais rappelons le rôle unique du mécène : il a cette spécificité d’apporter une contribution primordiale à des projets d’intérêt général, tout particulièrement sur des sujets complexes. Alors que l’Etat ne peut se permettre de prendre des risques avec l’argent du contribuable, le mécène peut le faire !

Ce qui fait battre le cœur des entrepreneurs mécènes, c’est le don efficient, autrement dit une contribution utile au service de causes qui en ont besoin. Et les Français l’ont bien compris. Ils pensent que les mécènes sont très efficaces dans leurs actions de mécénat (64% pour les grandes entreprises ; 58% pour les TPE/PME). Et savez-vous qu’ils accordent une forte légitimité à l’ensemble des mécènes ? 63% aux TPE/PME et même 69% pour les grandes entreprises et fondation d’entreprises.

Ces chiffres reflètent parfaitement ce que nous a rappelé récemment Jean-Jacques Aillagon : « Cette loi [de 2003] affirme que la prise en charge de l’intérêt général ne relève pas de la seule responsabilité de l’Etat [elle] accompagne l’avènement d’une société plus responsable, solidaire et confiante. »

Le discernement sera nécessaire en 2019 pour que les entrepreneurs mécènes soient de plus en plus nombreux à apporter leur pierre à cet édifice de solidarité !

 

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